Par Céline Alléaume
Déléguée nationale du Mouvement Démocrate
La perspective des élections régionales des 14 et 21 mars s’est ouverte sous la forme d’une interpellation grave de la part de nos concitoyens : « Pourquoi aller voter puisque ça ne changera rien ? ». Une question en forme de défense mentale dans un univers politique pathologique.
Les régions : des compétences larges, des mandatures confuses
Les élus régionaux peuvent agir selon trois domaines d’intervention, sur tous dossiers en lien direct avec l’intérêt de la région, ou bien à travers des outils de pilotage tels que le Schéma Régional de Développement Economique, le Schéma Régional de Transport, etc., ou bien encore en compétences partagées, avec l’Etat, les Départements, notamment dans les domaines de l’éducation, de la culture, de la santé.
Dans la pratique, les mandatures qui s’achèvent resteront les plus confuses que l’on pouvait imaginer : tous les pouvoirs nationaux aux mains de la majorité présidentielle contre tous les pouvoirs des collectivités aux mains des socialistes. Avec deux conséquences spectaculaires dans un contexte de crise économique historique : la dégradation accélérée des finances publiques et un démantèlement avancé du maillage industriel et agricole français.
Campagne électorale : absence néfaste de débats structurés
En lieu et place de contribution aux débats de la part des candidats UMP, invités par le Président de la République à « assumer le bilan » - comprenez « taire les conséquences néfastes de l’absence de directions nationales sur les régions », nous pouvons apprécier l’exercice de propagande par lequel le Médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, pointe le risque de « consommation de la République » de la part des citoyens.
Du côté du PS, c’est la recherche du statu quo qui prédomine. Les exécutifs régionaux sortants, enclins au grand chelem, ne permettent pas de projeter le débat par-delà les exercices de bilan. Quid de la contribution des territoires au projet national ? Circulez, il n’y a rien à voir. Pendant ce temps, le terrain médiatique est occupé par le bon Monsieur Frêche « Les cons sont majoritaires, et moi j’ai toujours été élu par une majorité de cons [...]».
Pour une « Autre Politique » et des majorités nouvelles avec le Mouvement Démocrate
L’enjeu le plus immédiat pour nos vies quotidiennes, c’est de comprendre les directions que prendront les futures majorités régionales et la façon dont elles viendront façonner les réalités économiques, sociales et environnementales de demain.
Par son appel à une « Autre Politique », le Mouvement Démocrate a fixé la priorité : relocalisation industrielle et agricole, où l’Etat comme les régions se positionnent en stratèges auprès de l’ensemble des secteurs d’activités. Il est illusoire de croire que la bataille pour l’emploi puisse avoir lieu sans l’ambition simultanée de régénérer la densité de l’appareil productif français. Il n’est pas acceptable que l’Etat continue de découvrir les plans de restructuration industrielle alors qu’ils sont déjà bouclés. De nouveaux modèles industriels et agricoles sont à inventer dans une logique de compétitivité et de durabilité.
Pour prétendre faire du développement économique durable, les futurs exécutifs régionaux doivent disposer d’une compréhension fine de l’évolution des filières d’activités qu’ils hébergent en leurs territoires. Ils doivent aussi être comptables de la qualité des emplois offerts aux français, tout comme de l’impact environnemental de ceux-ci. C’est le sens des engagements des candidates et candidats démocrates aux élections régionales.
Céline Alléaume
Article publié le 03/03/10 sur le blog :

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Céline Alléaume est issue de Haute-Saintonge en Charente-Maritime. Femme d’entreprise, elle exerce la profession de conseil auprès des secteurs gaziers et électriques en Europe et dans le Maghreb. Elle amorce son engagement politique lorsqu’elle rejoint l’UDF dès 1997 pour contribuer à l’émergence d’un centre politique indépendant et démocrate. Elue vice-présidente des Jeunes UDF France en 2004, elle place la participation des plus jeunes au cœur de l’élaboration du projet politique présidentiel porté par François Bayrou. Nommée Déléguée Nationale du Mouvement Démocrate au cours du Congrès fondateur de Villepinte, le 2 décembre 2007, elle anime, bénévolement, les réseaux programmatiques dans la perspective des élections municipales et européennes de 2008 et 2009. Aujourd’hui, elle se consacre entre autres à son département de Charente-Maritime, après une première candidature aux élections législatives où elle réalisa plus de 8% des scrutins.




