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Interview par Olivier Sarazin publiée le mardi 09 mars
PASCAL MONIER. La tête de liste du Modem en Poitou-Charentes veut croire que son mouvement pourra se maintenir au second tour
« Sud Ouest ».
Un mot, un seul, sur les cinq centristes qui ont répondu à l’appel de Mme Royal…
Pascal Monier : Un mot ? Indécence ! Ces gens n’ont pas eu le courage de se présenter devant les électeurs avec leurs valeurs supposées et, aujourd’hui, ils osent porter des écharpes orange sur les marchés ! Ça suffit ! Ça suffit, aussi, ceux qui les ont accueillis et qui prétendent qu’il y a de bons centristes humanistes et d’autres ringards et rétrogrades ! Oui, ça suffit ! Ces actes et ces discours heurtent mon éthique. Passons à un autre sujet, s’il vous plaît…
Soit.
Il y a peu, vous déclariez que dans « le tumulte et le brouhaha », vous n’étiez pas en mesure de porter un « discours clair et fort ». Est-ce le cas aujourd’hui ?
Oui. Bien que cela ne soit pas facile. Notre discours est nuancé, loin des dogmes et des slogans. C’est celui de l’équilibre. Un équilibre à consolider mais, dans le même temps, un équilibre à reconstruire. Qui, mieux que le Modem, peut porter cette valeur d’équilibre en mouvement ?
Effectivement, c’est un peu compliqué.
Expliquez-nous…
Consolider et reconstruire, c’est avancer sans rupture, mais avec détermination. Je m’explique : consolider l’équilibre, c’est conforter l’emploi, la formation et la solidarité dans une société qui craquelle et où la folie du monde fait peu de cas de l’homme. Consolider l’équilibre, c’est encore croire en la jeunesse, en sa créativité.
Reconstruire l’équilibre, c’est imaginer une nouvelle société, amender la mondialisation et sortir de la pensée unique. C’est aussi privilégier la proximité et les filières courtes, le développement durable et l’écologie.
Nous nous engageons, par exemple, à créer un Parlement régional du climat. Ce sera un lieu d’information, de concertation et d’évaluation sur l’environnement, pour élaborer le nouveau contrat de société durable que doit porter la Région.
Si l’on en croit les sondages, vous n’êtes crédité que de 5 à 6 % des intentions de vote.
C’est peu…
Oui. Mais la campagne électorale ne commence vraiment que maintenant. Nous sentons des frémissements et un réel intérêt. Notre objectif, je l’ai déjà dit, est d’atteindre 10 %. C’est une quête obsessionnelle. Les 10 % nous ouvriront la voie de l’autonomie et de l’indépendance. Ils nous permettront de nous maintenir au second tour.
10 %, c’est aussi la possibilité de négocier un bon accord…
Je ne l’envisage pas. J’ai du mal à concevoir une alliance fondée sur la défiance, l’invective et le mépris.
Vous avez dit dans les colonnes du « Figaro » avoir « la chance de l’inexpérience voire de la candeur ».
Est-ce un aveu d’impuissance ?
[Sourire]. Alors là, pas du tout ! Il y a des professionnels de la politique, dont le discours est formaté, qui soignent leur communication et qui s’arrêtent souvent à la surface des choses. Ce n’est pas mon cas.
Moi, je porte l’envie d’aller au fond des dossiers, de labourer le terrain. Cet enthousiasme est lié à mon inexpérience et ma candeur.
Le Modem en Poitou-Charentes fait campagne dans les bistrots.
Pourquoi avoir choisi le coin du zinc pour développer vos arguments ?
Je débute en politique mais je connais les limites des réunions publiques, qui consistent à faire appel aux siens pour remplir des salles et faire du nombre. Inviter des gens qui s’interrogent et veulent débattre est très compliqué. Il faut donc aller à leur rencontre et trouver des lieux emblématiques. Le bistrot de campagne en est un.
Il y a ici de la proximité et de la vie, du lien social et du bon sens.
Auteur : Recueilli par Olivier Sarazin




